La relation entre Iaies et son instrument est avant tout émotionnelle et spirituelle. Il l’exprime à la première personne sur son site web : « Mon amour pour la musique est avant tout mon amour pour le piano. Amour et gratitude. Le piano a donné un sens à ma vie. Poser mes mains sur le clavier, c’est être en sécurité, c’est rentrer chez moi. »
Pour Adrián Iaies, jouer du tango est une passion tout à fait particulière depuis ses premiers enregistrements. Son amour pour ces magnifiques chansons et sa gratitude envers leurs mélodies parfaites lui ont donné la possibilité de raconter son histoire et de s’exprimer à la première personne, sans que ce répertoire – un choix inhabituel pour un musicien de jazz – ne compromette son identité d’artiste de jazz.
La relation d’Iaies avec ce répertoire est aussi naturelle que celle que l’on retrouve dans l’approche du songbook populaire américain par Bill Evans, Tommy Flanagan ou Hank Jones, pour ne citer que quelques-uns de ses plus grands modèles. S’il est vrai qu’au cours de sa longue carrière et de sa discographie prolifique, aussi bien sous son propre nom qu’en trio ou en duo, Iaies s’est consacré à ses propres compositions ainsi qu’au répertoire traditionnellement associé aux musiciens de jazz – chansons de jazz et standards –, son lien avec les tangos qu’il a explorés sur ses premiers albums, Nostalgias y otros vicios et, surtout, le très acclamé Las Tardecitas de Minton’s, est toujours resté fort et incontestable. C’est grâce à ce dernier album qu’il a reçu la première des quatre nominations aux Grammy Awards qui lui ont été décernées.
Il y a moins d’un an, Iaies a publié un autre album de piano solo, enregistré cette fois en direct dans l’un des clubs de jazz les plus intimes et accueillants de Buenos Aires : Live at Prez: We’ll Be Together Again. L’album propose des standards de jazz de compositeurs tels que Burt Bacharach et Johnny Mandel, ainsi que des compositions de celui qu’il décrit comme « son compositeur de tango préféré : Thelonious Monk ».
ADRIÁN IAIES est né à Buenos Aires en 1960. Il est pianiste, compositeur, arrangeur et producteur. Sa carrière artistique s’étend sur plus de quatre décennies. Grâce à une œuvre considérable, il s’est imposé comme l’une des figures marquantes du jazz argentin. Très estimé par ses collègues et les jeunes musiciens, Adrián est un pianiste passionné, un travailleur infatigable dans le domaine musical et un pont indispensable entre les formes d’expression du jazz international et sa chère Buenos Aires.
Il a été directeur artistique du Festival Internacional Buenos Aires Jazz ainsi que de l’Usina del Arte, l’un des lieux culturels les plus importants de la ville. Il a été nommé quatre fois aux Latin Grammy Awards pour les albums Las tardecitas de Minton’s (2000), Tango Reflections (2002), Las cosas tienen movimiento (2003) et La casa de un pianista de jazz (2018). Iaies a également composé de la musique pour plusieurs films et publié près de trente albums.
Il s’est produit sur des scènes du monde entier avec différentes formations et un répertoire varié, notamment au Lincoln Center (New York), au Performing Arts Center (Miami), au Festival de Saint-Sébastien, au Oslo World Music Festival, à la Semana del Jazz Latino (Madrid), à l’Auditorium Ibirapuera (São Paulo), au Metropolitan Opera (Tel-Aviv) et au Vancouver Festival, entre autres.
Il a partagé la scène avec des artistes tels que Brad Mehldau, Ron Carter, Stanley Jordan, Bebo Valdés, les Yellowjackets, Lee Konitz, Richard Bona, Dino Saluzzi, Kenny Werner, Toots Thielemans et Pedro Aznar.